Aapprobation de l’acte constitutif de l’UA

Le Parlement marocain, avec ses deux chambres, a adopté à l’unanimité, mercredi et jeudi, 19 et 20 janvier 2017, lors d’une session plénière, le projet de loi N° 01.17 portant approbation de l’acte constitutif de l’Union africaine (UA), signé le 11 juillet 2000 à Lomé (Togo) tel qu’amendé par le protocole adopté le 03 février 2003 à Addis-Abeba (Éthiopie) et le 11 juillet 2003 à Maputo (Mozambique), en présence du Ministre Délégué auprès du Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération, M. Nasser Bourita.

 

Présentant ce projet de loi, le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Salaheddine Mezouar, a passé en revue les aspects de la reprise de la présence du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale, soulignant que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, grâce à la sagesse et à la clairvoyance qui Lui sont connues, a voulu qu’il était temps que le Maroc retrouve sa place au sein de sa famille institutionnelle continentale en adhérant à l’Union Africaine.

M. Mezouar a souligné que le Maroc dispose d’une politique africaine claire et aux contours bien définies, laquelle constitue l’un des piliers de sa politique diplomatique.

Sur ce registre, M. Mezouar a fait savoir que la décision “historique” de réintégrer l’UA est le couronnement d’un riche processus de renouvellement des relations du Maroc avec le continent africain et de capitalisation sur la richesse de ses liens multiséculaires avec le continent, qui s’est concrétisée par l’élaboration d’une politique africaine globale répondant à la fois aux aspirations légitimes du Maroc et au renforcement de sa présence continentale et internationale, mais aussi aux besoins de l’Afrique de se réaffirmer en tant que puissance indépendante, acteur entendu et partenaire aspirant à un traitement d’égal à égal dans les relations internationales.

Et d’ajouter que le Maroc a traduit cette vision, conformément aux Hautes Orientations Royales, à plusieurs niveaux, à leur tête la coopération Sud-Sud qui, érigée crédo de la politique africaine du Royaume, s’est soldée par de nombreux partenariats que Sa Majesté le Roi a veillé personnellement à développer et à en assurer le suivi à travers les multiples visites royales effectuées dans les pays africains frères.

M. Mezouar a, également, noté que cette vision s’est matérialisée à travers les prises de positions communes, le rapprochement des vues en relation avec les questions régionales et internationales, la participation responsable et sage à la résolution des conflits, la défense de l’Afrique au sein des fora internationaux, la contribution à la sécurisation et la stabilisation du continent et à la diffusion de la sécurité spirituelle et des valeurs du juste milieu, ainsi que l’élaboration d’une politique nationale inédite en Afrique en matière de migration qui a permis à des milliers de ressortissants de pays africains de retrouver leur dignité.

Et de faire observer qu’il est évident que ce couronnement contribuera à la construction de destins communs entre plusieurs espaces africains en œuvrant au sein de la structure institutionnelle du Continent africain, soulignant que le Maroc a réaffirmé sa détermination à retrouver sa place naturelle au sein de la famille institutionnelle panafricaine lors du 27-ème Sommet de l’UA tenu du 17 au 19 juillet à Kigali, à travers le message royal adressé aux Chefs d’Etat et de gouvernement africains participant à cette rencontre.

A cet égard, le ministre a rappelé que 28 pays africains n’ont pas tardé à exprimer leur soutien total et inconditionnel à l’approche marocaine, ajoutant que 40 pays ont exprimé officiellement leur appui au retour du Maroc à l’UA.

Soulignant que le Maroc a respecté la procédure d’adhésion en vigueur conformément à l’Acte constitutif de l’Union africaine, dans son article 29, M. Mezouar a relevé dans ce sens que le Maroc attend “en toute confiance et sérénité” la décision qui sera prononcée lors du prochain Sommet africain à l’égard de sa demande d’adhésion, affirmant que le Royaume anticipe en même temps les obstacles que certaines parties tentent de dresser pour entraver l’initiative marocaine, voire la reporter.

Et d’ajouter que dans ce cadre que s’inscrit initiative d’accélérer les procédures internes relatives à l’approbation de l’acte constitutif de l’Union africaine.

Outre son caractère proactif, M. Mezouar a indiqué que cette étape va priver les adversaires du Royaume d’une carte de pression qu’ils tenteront sans doute d’utiliser pour retarder le processus d’adhésion du Maroc au sein de sa famille institutionnelle, insistant sur le fait que la détermination du Royaume de reprendre sa présence au sein du cadre institutionnel de l’Union africaine se fait dans le respect total de la légalité.

Après avoir achevé les démarches prévues selon la procédure d’adhésion à l’UA, M. Mezouar a réaffirmé qu’aujourd’hui il a été procédé à la réalisation des procédures internes conformément aux dispositions de la Constitution du Royaume, notamment l’article 55.

Le Ministre a conclu que l’adoption du projet la loi portant approbation de l’acte constitutif de l’UA n’est pas uniquement un acte procédural, mais une décision politique qui émane de la confiance du Maroc en la sagesse des frères africains, et constitue aussi un message diplomatique claire quant à l’unité nationale et au sérieux du Royaume du Maroc dont l’attachement à la légalité et au respect des engagements sont reconnus.

Cette spécificité de la politique étrangère du Maroc (attachement à la légalité et respect des engagements) a fait que des pays amis et frères insistent à ce que le Maroc retrouve sa place au sein de l’organisation continentale, surtout que le Royaume a été parmi les premiers fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et les piliers ayant contribué à bâtir l’histoire de l’Afrique et à la libération du Continent.

Les interventions des différents composantes des Chambres des représentants et des conseillers, groupes et groupements parlementaires, ont été unanimes à souligner que l’adoption du projet de loi portant approbation de l’acte constitutif de l’UA, constitue une étape historique par “excellence” qui illustre la communion nationale au service de l’intérêt supérieur de la patrie, notant qu’à travers cette adoption, les parlementaires envoient un message par le biais duquel ils réaffirment qu’ils sont mobilisés derrière SM le Roi pour la défense de la Cause nationale.